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Dernier communiqué de presse

décembre 11, 2017

En amont du sommet sur la finance climat “One Planet” : le tribunal des peuples traduit en justice la finance des combustibles fossiles

PARIS — Au cours de la journée internationale des droits humains, et en amont de la conférence sur la finance climat “One Planet” présidée par Emmanuel Macron, une coalition d’ONG (1) a fait passer devant un tribunal l’industrie fossile et ceux qui la finance – demandant à ce que pas un euro de plus d’argent public ne soit dépensé en production de combustibles fossiles.

Les témoignages de personnes touchées par les conséquences dévastatrices de l’industrie des combustibles fossiles ainsi que par le changement climatique furent présentés au Nouveau Théâtre de Montreuil à un panel de trois juges et à une salle de témoins de 350.

Les audiences étaient présidées par trois juges : Brett Fleishman, chargé de campagne en finance pour 350.org ; Aurélie Trouvé la co-présidente de la branche française d’Attac, une association qui milite pour la justice sociale et environnementale et conteste le pouvoir pris par la finance sur les peuples et la nature, et Marie Toussaint présidente de « Notre affaire à tous », une organisation spécialisée dans l’utilisation de la législation en tant qu’outil de protection du climat et de l’environnement. Les juges condamnèrent à l’unanimité le financement continu d’investissements en charbon, pétrole, gaz et énergie nucléaire, les énergies du passé qui continuent à faire des ravages à l’environnement et aux communautés où ses investissements sont établis :

« Nous accusons le secteur public et privé de la finance de violer les droits fondamentaux, nous accusons les états de violer les traités internationaux, de manquer à leur obligations en termes de respect et de protection des droits des personnes et des terres du monde entier. Nous avons une pensée pour les plus de 200 défenseur.se.s de l’environnement tué.e.s en 2016 de part le monde. La peine que nous prononçons est internationale. En Afrique, en Europe, en Asie, aux Etats-Unis et dans le Pacifique, les citoyen.ne.s vont se soulever pour transformer cette crise en une transition juste. » elles et ils ont prononcé.

Au cours du tribunal fictif des témoins présentèrent des comptes rendus de première main des effets destructifs que le charbon, le pétrole et le gaz ont eu et continuent d’avoir sur des communautés du monde entier. Les témoignages furent livrés par des représentants de: Notre-Dame-Des Landes, des Sundarbans (Bangladesh), de la forêt de Hambach (Allemagne), des territoires d’Outre Mer parmi quinze autres.

Deux ans après la COP21, nous observons une accélération des impacts en France où Macron se présente en tant que champion du climat demain à l’occasion du sommet. Selon Philippe Assens, un vigneron près de Perpignan : « Nous sommes en train de vivre un désastre climatique majeur en la forme d’une sécheresse intense qui dure depuis 3 ans. Toutes les rivières sont asséchées, les caves sont en faillite ; pendant la récolte de 2016 nous avons perdu 15 million de bouteilles. Et qu’est-ce que le gouvernement français est en train de faire pour nous aider ? Elles et ils sont en train de planifier la construction d’un gazoduc gigantesque sous mon vignoble, le gazoduc MidCat : ces gazoducs sont la cause de notre situation critique aujourd’hui, et ils affecterons nos enfants de manière encore plus extrême dans le futur.»

Les preuves présentées pendant le procès illustrent la dure réalité des conséquences de ces investissements, qui auraient pu aller vers des énergies renouvelables à la place, et soutenir les communautés les plus impactées par le climat.

« Les témoins ont démontré que l’argent dans une partie du monde est souvent lié à des projets d’infrastructure construits autre part, et que les projets d’énergies polluantes dans une partie du monde engendrent des impacts environnementaux dévastateurs à l’autre bout de la planète. La France se veut championne de la finance climat, mais nous venons de découvrir que sa branche d’investissement, la Caisse des Dépôts et des Consignations, finance douze bombes carbone de part le monde, et que l’Agence Française de Développement est en train de financer deux usines à charbon : une en Chine, une autre au Sénégal » précise Clémence Dubois, chargée de campagne pour 350.org en France.

Les institutions financières, surtout celles qui agissent au nom de l’intérêt public, ne peuvent pas continuer à financer les combustibles fossiles. Le jour de la journée internationale des droits humain, Yossi Cadan, chargé de campagne pour 350.org basé au Canada souligne « Le racisme environnemental est une réalité des projets de développement Canadien et avec les sables bitumineux en particulier. L’Assemblée des Premières Nations a rapporté que en 2001 36% des communautés des Premières Nations vivaient à 50 km d’exploitations minières et de zones de pollutions qui leur étaient associées. En tant que tel, la lutte contre les sables bitumineux revient au droit fondamental d’exister en tant que peuple autochtone. Les sables bitumineux relèvent d’une question de droits humains. »

Demain, le 12 décembre 2017, les chef.fe.s d’etats se réuniront à Paris pour envisager comment les investissements peuvent être rendus« verts» à nouveau. Mais au même moment, le conseil d’administration de la Banque européenne d’investissement se réunira au Luxembourg pour décider si oui on non elles et ils accorderons ont un prêt de 1,5 milliard d’euros pour financer gazoduc transadriatique (TAP). « Le gazoduc transadriatique nous a été présenté comme un simple conduit, qui aurait engendré du développement et de la croissance. À la place, ce que nous voyons à l’horizon est une méga infrastructure à l’impact extrêmement fort et nocif. Accorder un prêt si conséquent serait un acte irresponsable, qui prouverait une fois de plus l’incohérence entre la rhétorique des leaders Européen.ne.s et les politiques quand il s’agit du changement climatique. Pour arrêter les changement climatique, nous devons arrêter d’investir en les combustibles fossiles, dès aujourd’hui. Même à ce stade, alors que la construction n’a pas encore réellement commencé, TAP a d’ors et déjà causé de graves dégâts à nos terres. La région entière de San Basilio, où mes enfants ont grandi jouant parmi des oliviers centenaires, près d’une des plus belles plages d’Italie, a été transformé en un désert hostile, entouré de béton, de clôtures et de fil de fer. Nous rejetons ce système qui exploite nos terres et nos vies » déclare Serena Fiorentino, une activiste du mouvement No-Tap qui lutte contre la construction du gazoduc.

Il est temps que la communauté des acteur.trice.s économiques du monde accélère ses efforts pour sauver notre planète et préserver notre futur commun. Macron et les autres leaders du monde auront l’opportunité pendant le sommet d’enfin concrétiser le respect des engagements pris dans l’Accord de Paris : en termes simples, il n’y a plus la place pour de nouveaux projets d’infrastructure de combustibles fossiles et par conséquent il n’y a pas de raison de continuer d’y investir.

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CONTACTS:
Clémence Dubois, chargée de campagne France, 350.org
clemence@350.org; Whatsapp/Mobile: +33642713175

Hoda Baraka, Directrice de la communication globale, 350.org
hoda@350.org; whatsapp: 20-100-184-0990; Mobile (à Paris): +33687064247

Notes:

Les groupes participants au tribunal comprennaient 350 France, Alternatiba, Les Amis de la Terre France, ANV Nonviolent Action COP21, Attac France, Bizi Mugi, la Coordination Eau bien commun France, la Coordination Eau Ile de France, le CRID, le Climate Action Network, la Fondation de la nature de l’homme, Oxfam France, le Refedd, Sciences-Po Zero Fossile et ZEA.

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